TEMOIGNAGES

 

 

 

Deroo, ancien opérateur radio-gonio à Fort-Flatters nous apporte quelques précisions.  Après mes classes et l’école pour devenir radio-gonio à la BET 724 à Fès au Maroc, j’ai été affecté à la BA 140 de Blida au service STB sous les ordres du capitaine Zittel qui m’a envoyé au mois d’octobre 1955 en détachement à Fort-Flatters dans le sud algérien.  Nous étions dix aviateurs, il y avait un sergent chef qui commandait la base et trois radios, quatre gonios, un météo et un cuisinier. 

 

Le travail des gonios était d’assurer la veille pour le passage de l’appareil de la compagnie UTA qui faisait Paris-Douala deux fois par semaine et celui d’Air France le samedi.  Le mercredi il y avait le C-47 militaire et dans la semaine un ou deux avions pour les liaisons en rapport avec le pétrole sur Edjeleh vers la frontière libyenne.

 

Je me souviens de mon arrivée à Flatters ce jour d’octobre 1955 sous une chaleur torride mais il a bien fallu que je m’y habitue.  J’ai pris mes quartiers et j’ai découvert la Base…d’abord la station-radio puis en allant vers l’est à une cinquantaine de mètres il y avait la radio-balise et ensuite dans le même axe à environ 150 mètres la station gonio et 20 mètres plus loin le bâtiment qui abritait les groupes électrogènes qui alimentaient la gonio.

 

À la gonio il y avait le sergent Letellier, Bédigie qui était de la région de Nancy, Cuvelier et moi.  En 1956, le commandant de la Base était l’adjudant Cappagory.  Au printemps 1956, le Génie est venu pour installer le balisage électrique de la piste.  Il y avait des tranchées partout pour y loger les fils électriques et l’une d’elles aboutissait dans le bâtiment des groupes électrogènes de la gonio de sorte que Bédigie qui assurait la veille de nuit s’est retrouvé face à face avec une vipère à cornes qui dormait au bord d’une tranchée conduisant à un des moteurs…

 

Ensuite il y a eu la construction de la nouvelle station gonio  dans l’axe de la piste, en plein milieu de la petite palmeraie.

A la fin de l’année 1956 ce fut l’arrivée du Lt Deprez avec un groupe de militaires.  J’ai quitté Fort-Flatters avec le grade de caporal au début juin 1957.

 

 

Dannerolle, appelé de la classe 55/4, après les classes et un stage de formation à la BET 724 de Fès…j’ai été affecté à la BA 140 de Blida, détachement de Fort-Flatters le 21 février 1956 jusqu’au 18 octobre 1957.  Je suis arrivé à Fort-Flatters avec un camarade,  Cuoq.  Le détachement était commandé par le sergent Letellier qui assurait l’intérim d’un adjudant muté dans le nord.

 

Au début nous étions trois gonios, Deroo un ancien, Cuoq et moi puis d’autres sont arrivés plus tard.  Je me souviens de Seassau, Ciccarelli, etc.  Il y avait aussi trois ou quatre lecteurs au son dont un nommé Klein remarquable par ses qualités de radio-télégraphiste, sa carrure et sa barbe qu’il conservait depuis son passage ADL.  Il y avait encore deux sergents de la météo et un ou deux dépanneurs, etc.

 

La station gonio était à la fois notre lieu de travail et l’endroit où nous vivions.  Nous dormions dehors sur des lits métalliques équipés d’une moustiquaire pour nous protéger des tarentules, des scorpions et autres bestioles.  Comme on n’avait pas de frigo pour avoir de l’eau fraîche, on glissait nos bouteilles d’eau dans les grandes chaussettes de laine du paquetage, on les mouillait et on les plaçait dans un courant d’air et l’eau était moins chaude et buvable…Ces chaussettes étaient les seules choses du paquetage que nous utilisions car notre habillement habituel se composait d’une chemisette, d’un sarouel et de naïls trouvés chez l’épicier local.  La cuisine était préparée par un indigène qui faisait ce qu’il pouvait pour préparer nos repas qui se limitaient le plus souvent à des conserves.  Notre approvisionnement arrivait par avion une fois par mois, c’était souvent un C-47.

 

Pendant mon séjour nous avons rejoint la nouvelle station gonio dont nous avions suivi la construction en bout de piste dans la palmeraie.  Elle était plus confortable que la précédente mais elle nous éloignait de la Base.

 

Le fait le plus marquant a été l’arrivée en une seule nuit d’une vingtaine d’avions, des Nord 2501 qui ont apporté du personnel et du matériel dont des grandes tentes Fugas et enfin des frigos.  Parmi le personnel il y avait un Lieutenant qui dès son arrivée a mis un peu d’ordre sur la Base…en nous enlevant un peu le côté pionnier que nous avions adopté.  J’ai été très intéressé par le passage d’un B-17 ex-forteresse volante chargé de faire des relevés topographiques pour établir des cartes.  L’équipage a séjourné deux fois chez nous et nous a apporté des petits cadeaux.  Je garde précieusement un nécessaire à écrire que l’équipage m’avait donné.

 

Je pense souvent à Fort-Flatters avec un peu de nostalgie.