A environ quelques 1100 kilomètres à vol d'oiseau au sud d'Alger, Fort-Flatters, anciennement Temassinine, est une petite oasis de plusieurs centaines de palmiers mélangés de figuiers, située en bordure de la Hammada Issaouane, au pied du plateau du Tinrhert, la limite des pays arabe et targui.

Dès 1904, le commandant Laperrine, le père des célèbres Compagnies Sahariennes, y fit construire un bordj (fort), l'ancienne redoute Fort-Flatters, ainsi baptisée en mémoire de la tragique mission du Colonel Flatters, massacré à Bir-el-gharama le 8 février 1881.

En 1911, le Capitaine Charlet y fit entreprendre de nombreux travaux dont la création d'un ouvroir où les femmes confectionnaient de magnifiques objets en cuir ouvragé.

De 1938 à 1941, Fort-Flatters est le siège de la Compagnie Saharienne du Tinrhert qui avec 300 méharistes Chaamba surveille la frontière tripolitaine entre Ghadamès et Ghat.

La Deuxième Compagnie Saharienne Portée occupe le bordj en 1939.

En 1943, au bordj, l'annexe était commandée par l'Adjudant Sauron aidé de deux sergents et quatre hommes de troupe, tous des Compagnies Sahariennes. Trois opérateurs radio du Génie et trois civils, deux météorologues de l'Office National de Météorologie et un opérateur radio-gonio du S.T.S., Ministère de l'Air, Service des Télécommunications, tous trois affectés spéciaux pendant la guerre et dépendant de la base aérienne de Blida, assuraient la présence française.

La population de la petite palmeraie située près de l'annexe était composée de quelques familles noires. Plus loin, à environ 5 kilomètres à l'ouest de Fort-Flatters, à la zaouia Sidi Moussa, vivait une tribu de touaregs Iforas.

Il n'y avait pas de piste d'atterrissage, c'est l'oued desséché qui servait de piste, juste en face de la petite station radio-gonio, dans un axe est-ouest. Ce terrain plat très large fait de fech fech rouge était bordé au nord par une haute falaise qui marquait la fin du Gassi Touil.

En 1946, deux opérateurs radio se trouvaient dans l'ancien bordj. Un sergent des Subsistances, un sergent du Génie, un civil, Floquet, à la fois instituteur et postier et l'Adjudant Vacher, chef de poste, étaient dans l'annexe, en bas, près de la petite palmeraie.

Quelques années plus tard, au cours de l'été 1948, on retrouve encore une dizaine de militaires français à Fort-Flatters. Un adjudant, un sergent radio et un homme de troupe de la Saharienne occupent le bordj, trois ou quatre militaires du Génie ont leur quartier dans des bâtiments à quelques centaines de mètres de la station radio opérée par trois caporaux-chefs de l'Armée de l'Air qui avaient fait le stage radio à Fez au Maroc en 1947. L'indicatif radio de l'époque était FXF, celui de l'aérodrome FGFF.  L'arrivée du Ju 52 de la rotation mensuelle du sud demeurait la principale attraction.

En dépit des débuts de la rébellion le 1er novembre 1954, l'Armée de l'Air ne possède toujours que six hommes et deux tentes à Fort-Flatters à la fin de l'année 1956. Cette situation ne durera cependant plus longtemps, le 1er mars 1957, suite à une décision de renforcer les moyens de l'Armée de l'Air en place sur les confins Algéro-Lybiens, l'Instruction numéro 5422 de l'Etat-Major de l'Armée de l'Air ordonne la création du Détachement de Terrain d'Opérations numéro 48/540 de Fort-Flatters. Tout ira alors très vite.